Interview Laurent BRION - EARL Des Rosiers
Dans cette interview, Laurent Brion, éleveur à l’EARL des Rosiers, revient sur son parcours atypique et sa reconversion dans l’agriculture. Il partage son expérience, les défis de son métier et son nouveau projet d’élevage de poules pondeuses en plein air. Un témoignage inspirant sur la passion, la persévérance et l’évolution du monde agricole.
Interview EARL DES ROSIERS – Laurent BRION
Boissinot Élevage : Présentez-nous en quelques mots votre exploitation EARL DES ROSIERS ?
Laurent : Nous avons une ferme de 180 hectares de terre ainsi que 4000m² de volailles de chair et notre projet est de 30 000 poules pondeuses plein air. Aujourd’hui, nous sommes 2 personnes sur l’exploitation : un salarié et moi-même.
À 18 ans, je voulais travailler dans un bureau
B.E : Quelle est votre formation ?
Laurent : J’avais en poche un BTSA ACSE (Analyse, Conduite et Stratégie de l’Entreprise Agricole) que j’ai effectué en alternance à Bressuire. Ce sont mes parents qui m’avaient poussé à faire des études agricoles. Moi, à 18 ans, je voulais travailler dans un bureau, être comptable… Du coup, je n’avais pas de plan de carrière bien défini et j’ai enchaîné les différents boulots.
B.E : Pour vous, l’agriculture c’est une reconversion ?
L : Oui, j’ai exercé plusieurs métiers, fait de l’intérim… Ensuite, j’ai été chauffeur-livreur de granulés et c’est à cette occasion que j’ai rencontré un éleveur en Vendée qui m'a transmis sa passion de l'élevage de volailles de chair.
Au tout début (…), j’ai monté un bâtiment de volailles de chair de 1250m²
B.E : Et comment vous avez débuté ?
L : Au tout début quand je me suis lancé, j’ai commencé par un bâtiment de volailles de chair de 1250m² avec Terrena sans aucune expérience. J’ai eu la chance d’être tombé sur un technicien qui parlait « des poussins comme si c’étaient ses enfants ». J’ai pris goût au métier. Ensuite, nous avons attendu cinq ou six ans, puis on a fait construire deux autres bâtiments de 1350m² chacun.
B.E : Quel est votre nouveau projet en cours ?
L : Dans l’option de diversifier mon exploitation et afin d’y intégrer ma femme, nous avons pris la décision de monter un bâtiment poules pondeuses plein air.
B.E : Avez-vous toujours travaillé avec Boissinot Élevage ?
L : Sur nos autres bâtiments, nous avions travaillé avec un autre prestataire. Pour certaines raisons, nous avons privilégié Boissinot Élevage et ça se passe très bien. Nos premiers travaux ensemble étaient la mise en place de lumière naturelle sur nos bâtiments existants. Pour chaque projet, on compare, ça se passe au feeling et avec de la réflexion. L’humain, la réactivité du dépannage sur mes bâtiments existants et le prix ont fait que j’ai signé avec Arnaud sur ce projet.
B.E : Parlez-nous de vos relations avec les équipes de Boissinot Élevage ?
L : Actuellement, c’est Arnaud Gallard (Directeur Commercial) qui s’occupe de tous nos projets. Toujours de bons conseils et perspicace sur nos réels besoins. Et sinon, j’ai Manu (Directeur de Production) pour le suivi du chantier, toujours très réactif. Sinon tout se passe très bien avec les équipes chantier. Les compétences sont au rendez-vous, aucun regret !
B.E : Connaissez-vous toutes les activités de Boissinot Élevage ?
L : Je connais la partie chantier en volaille. Ce qui est appréciable, c’est que le magasin soit ouvert le samedi matin et qu’un technicien puisse ouvrir le magasin en dehors des horaires habituels pour des demandes urgentes. Je visite de temps en temps votre site internet.
B.E : Que préférez-vous dans votre métier ?
L : La diversification, d’avoir une liberté de choix, de prises de décisions. Et être son propre patron !
B.E : Les difficultés de ce métier ?
L : Les mauvaises surprises… avec les pannes pendant les week-ends.
Le problème, c’est que notre activité c’est du 24H/24 et 7J/7
B.E : Arrivez-vous à concilier votre vie professionnelle et personnelle ?
L : C’est compliqué. Le problème, c’est que notre activité c’est du 24H/24 et 7J/7. Le portable est toujours à proximité, mais on arrive quand même à avoir une vie de famille, c’est juste une organisation. On arrive à anticiper certaines choses comme les vides sanitaires et on n’est pas dépendant du climat comme les céréales.
B.E : Et le service de remplacement ?
L : Ce service est très peu développé au niveau des volailles dans la Vienne puisque c’est un secteur céréalier. C’est difficile dans la volaille de prendre une personne qui n’a aucune connaissance surtout en bâtiment dynamique. Actuellement, j’ai un salarié qui, au fur et à mesure, me seconde.
B.E : Donc difficile pour vous de prendre des vacances ?
L : Éventuellement pendant les vides sanitaires.
B.E : Et entre éleveurs ?
L : Vers chez moi, il n’y pas d’éleveurs de volailles. L’éleveur le plus proche est à 15km. En plus, sur la volaille de chair, il y a un risque de contamination qui n’est pas négligeable (salmonelle…).
B.E : Votre nouveau projet est en cours, un autre à suivre ?
L : Pourquoi pas, mais on va d’abord essayer de bien faire ce dernier.
Il faut avoir l’âme éleveur
B.E : Un conseil ou des conseils à donner à un futur éleveur qui souhaite se lancer aujourd’hui ?
L : Se renseigner, écouter, comparer et surtout croire à son projet car c’est le porteur de projet qui paie pendant 15 ans ! Savoir se remettre en question, ne pas s’habituer aux bons résultats. Il faut avoir l’âme éleveur, le faire pour soi-même mais pas pour embaucher un salarié ou avoir de la fiente gratuite.
B.E : Et côté expérience, commencer comme salarié ou pas ? Bâtiment neuf ou réno ?
L : Cela dépend des opportunités. La curiosité, l’envie, ce sont les qualités qui feront que ça fonctionne. On apprend sur le tas avec des erreurs, des pannes…
Quelques semaines après la mise en route de ce nouveau bâtiment en volière Vencomatic…
B.E : Après quelques semaines de recul de votre nouveau bâtiment, si vous deviez recommencer souhaiteriez-vous changer quelque chose ?
L : Non je ne changerai rien, il y a eu quelques surprises mais chacun les a corrigés. Un tel chantier avec les aléas climatiques, le nombre important d’intervenants (maçon, charpentier, installateur), il y a forcément des couacs. Manu de chez Boissinot Élevage a été d’une grande importance, il anticipait et coordonnait les différents corps de métiers. À refaire, je repars avec la même conception et les mêmes intervenants, que je recommande d’ailleurs.